Projet Pilote de Bizerte: 3 journées de formation à Rome pour la cellule SIG de l’ONPC

Depuis son lancement officiel en septembre 2015, le premier Projet Pilote IPCAM de Bizerte a presque complété la réalisation de ses deux composantes: la création d’une base de données intégrées dans un SIG qui permettra de partager les informations provenant de sources différentes et la rédaction d’un texte de Directive réglant le fonctionnement de la Commission Régionale de Lutte contre les Catastrophes du Gouvernorat de Bizerte.

La cellule SIG (Système d’Information Géographique) de l’ONPC de Tunis a déjà installé le logiciel GeoSDI, l’outil pour le traitement et la gestion des données qui a été fourni par l’Institut des Méthodologies d’Analyse Environnementale du Centre National de Recherche italien (IMAA-CNR). Au début du mois d’avril, à l’occasion de la visite d’étude organisée auprès du siège du Département de Protection Civile à Rome, deux membres de l’équipe de travail IPCAM de Tunis et de Bizerte, à savoir le Lt. Col. Sarhan Khalifa et le Lt. Col. Raouf Marwani, ont rencontré les experts italiens du IMAA-CNR pour une session de formation sur l’utilisation de cet outil, notamment sur les procédures normalisées pour sa gestion et son fonctionnement: la création et gestion des utilisateurs et des privilèges pour le téléchargement et la consultation de l’information, les moyens de saisie, d’analyse et d’affichage des informations, l’organisation du centre régional de gestion de l’urgence/crise. Nous avons posé quelque question aux collègues tunisiens ainsi qu’à Monsieur Maio; leurs réponses laissent entendre que le travail des unités SIG de Tunis et de Bizerte ne fait que commencer…

Deux questions au Lt. Col. Sarhan Khalifa et au Lt. Col. Raouf Marwani

Q : Grâce à ce logiciel, l’ONPC se dotera d’un précieux outil pour la gestion de crise, notamment pour partager les informations provenant de sources différentes. Quel sont les bénéfices immédiats que vous pensez pourra tirer l’ONPC de son utilisation?

Sarhan Khalifa: En travaillant dans le cadre du projet IPCAM, l’ONPC cherche à améliorer de manière significative ses capacités de réponse aux urgences et assurer ainsi une protection plus efficace de la population en Tunisie, en jouant sur le facteur temps qui doit être optimisé au moment de la coordination entre les différents intervenants, du déploiement des moyens personnels et matériels, de la réussite des opérations de sauvetage dans une durée minimale jusqu’au passage au rétablissement de la vie normale.   Cet objectif d’optimisation de la durée des interventions peut être atteint par l’automatisation des tâches à travers une interface conviviale, accessible n’importe quand et partout dans le monde, ceci est possible avec le système GéoSdi qui nous permettra d’exploiter quotidiennement l’interface hors période de catastrophe, alimenter les bases des données descriptives et géographiques, analyser les données et éditer les cartes des risques et enrichir les bases des données par exemple avec des données météorologiques et des télémesures fournies par les institutions spécialisées. Et encore, en cas de catastrophe, GéoSdi nous permettra d’alerter la population en envoyant des messages (sms, e-mails, réseaux sociaux) pour indiquer les zones géographiques sinistrées, coordonner les différents intervenants de la collectivité et engager le personnel et les moyens disponibles, établir des cartes dynamiques décrivant la situation de la zone sinistrée, établir des rapports statistiques (population sinistrée, habitations démolies, etc.), et enfin proposer à l’état-major des scénarios de lutte contre les catastrophes.

Raouf Marouani: Je crois qu’après la mise en œuvre du logiciel nous pourrons penser aux différents éléments ou informations à introduire du plan ORSEC, en outre ce logiciel nous permet d’appliquer une nouvelle méthodologie de la gestion des catastrophes surtout dans la partie d’échange et la mise à jour des informations concernant les moyens des différents intervenants. Enfin, il va nous aider à prendre les décisions et les actions à suivre au moment de la catastrophe.

: Quels pourraient être les criticités auxquelles vous attendez-vous de devoir faire face lors de sa mise en œuvre?

S.K. : Je ne vois pas de criticité particulière lors de l’exploitation du GéoSdi, à condition que tous les membres comprennent le but noble de son exploitation et collaborent entre eux afin d’alimenter les bases de données et rendre l’information accessible à tout le monde.

R.M.: Les criticités sont liées à nombreux facteurs: l’échange de l’information est un peu difficile, pour le moment le système est dépourvu d’utilisateurs, et par conséquent la collecte de l’information est ardue et la mise à jour des donnes n’est pas parfaite. Enfin les différents membres de la commission régionale (NdR : Commission Régionale de Lutte contre les Catastrophes) ne possède pas encore l’accès au logiciel.

Une question à Monsieur Donato Di Maio, (expert du IMAA-CNR chargé de la formation sur GeoSDI)

Q : Vous avez déjà transmis ce logiciel à d’autres pays (NdR Congo, Galapagos, Palestine). Même sur la base de ces expériences, quel conseil donneriez-vous aux collègues tunisiens pour que son utilisation soit efficace ?

D.M. : Le conseil que je donnerais aux amis tunisiens, étant données les expériences muries dans les autres pays, je pense notamment à la protection civile palestinienne, est de collecter et créer les informations géographiques utiles à la planification et aux fins de la plateforme GeoSDI comme support aux décisions en cas d’urgence. Une autre suggestion importante est celle de programmer périodiquement des simulations engageant le personnel de protection civile qui utilise la plateforme GeoSDI pour qu’il soit – en cas d’urgence – toujours à l’aise dans l’utilisation de cet outil et habitué à s’en servir comme support à la décision.

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