Prévention et risques dans la région de Gabès : colloque avec le Directeur de la Direction régionale de la Protection Civile

Nous avons rencontré Mohamed Ali Ben Bihi, Directeur régional de la Protection Civile de Gabès le jour suivant les célébrations pour la fête de la Protection Civile, quand le siège régional de Gabès s’est rempli des stands montés par les associations des volontaires et les enfants des écoles locales se sont rassemblés dans la cour située devant le bâtiment en attendant l’arrivée des autorités ainsi qu’un grand gâteau. Avec le Colonel Moez Triaa, responsable IPCAM auprès de l’ONPC, le Directeur nous a reçu dans son cabinet qui se trouve dans le siège régional de la Protection Civile, un grand bâtiment entre la mer et la zone industrielle de Gabès. Le colloque s’est déroulé sur le rôle de la protection civile dans la région et les risques que le personnel doit gérer au quotidien.

Colonel Ben Bihi, depuis quand vous êtes Directeur du siège régional ?

Mohamed Ali Ben Bihi (MABB) Je recouvre ce rôle à Gabès depuis deux ans, précisément depuis septembre 2014.

Et combien d’agents travaillent dans la Protection Civile de Gabès ?

MABB : 243 agents. Celle-ci est la brigade de la direction régionale, mais on en a une autre dans le centre-ville de Gabès, en plus il y a une brigade à Hamma et une à Mareth: en tout on a quatre brigades au sein de la direction régionale. Plus encore, dans ce bâtiment se trouve un centre de formation qui est spécialisé en risques chimiques.

Quels sont les majeurs domaines d’intervention de la Protection Civile de Gabès ?

MABB : Notre établissement se trouve juste dans la zone industrielle de Gabès, où se concentrent la plupart de nos forces. Mais, en général, on gère tout ce qu’ils passe dans les environs: les accidents routiers, ferroviaires et puis on intervient en cas de catastrophe: les feux de forêts, les inondations…

Mais, quel est le domaine qui nécessite plus d’attention?

MABB : La zone industrielle, bien sûr.

Le siège de la Protection Civile a été construit après ou avant le complexe industriel ?

MABB : Après la zone industrielle. Toutefois, la protection civile de Gabès n’exerce pas seulement une fonction d’intervention mais on travaille beaucoup sur la prévention et la formation des équipes de première intervention surtout dans les établissements de la zone industrielle où on travaille avec le personnel pour bien protéger leur industrie avant même notre intervention. La première intervention est toujours la plus efficace, pour cette raison nous avons des gens biens formés dans les usines.

Moez Triaa (MT): Il y a un travail de prévention et tout le monde donne importance à la question de la sécurité. Dans tous les établissements il y a un chef d’équipe pour la sécurité.

Donc vous disposez d’un programme de prévention pour l’usine ?

MABB : Oui, chaque année on visite les usines et on fait un rapport préventif et on demande les études de dangers et tout ce qui concerne la question de la sécurité.

MT: La Protection Civile rédige aussi des plans d’intervention.

MABB : Oui, on a des plans d’intervention (les plans jaunes) pour les risques industriels. Il y a un plan jaune pour l’industrie, le plan bleu pour l’inondation, le plan vert pour les feux de forêt et le plan rouge pour les accidents routiers. Dans ces plans nous gardons toutes les données utiles: par exemple les responsables, les numéros de téléphone des chefs de sécurité des usines, l’indication sur le lieu de rassemblement en cas d’incendie et en plus on a la liste de tous les produits chimiques qu’on utilise dans chaque établissement, par exemple si on utilise seulement de l’eau ou des autres substances chimiques… tout ça pour bien réagir en cas d’intervention.

Donc dans la protection civile régionale vous répondez aux diffèrent appels…

MABB : Tout sort d’appel. Par exemple s’il y a un accident routier nous sommes alertés et on réagit avec des ambulances, où en cas d’incendie on annonce le premier départ des camions des sapeurs-pompiers.

MT: En fait la Protection Civile tunisienne, selon la loi de l’ONPC du 1993 peut intervenir dans tous les différents sinistres, catastrophes et calamités qui menacent les biens nationaux, la nature et l’environnement.

Vous vous rappelez d’un cas d’intervention dangereuse dans lequel vous avez dû intervenir?

MABB : Une fois on a eu une fuite de gaz dans une usine, mais l’équipe d’intervention de l’établissement, qui était bien préparé, a réussi à résoudre la fuite avant que l’équipe de la protection civile n’arrive.

MT : Il faut savoir qu’il y a aussi un autre risque que devient de plus en plus urgent: les dépôts de carburant, d’hydrocarbures qui sont achetés en Libye et vendus en Tunisie de manière illégale. Le stockage est fait de façon illégale, dans des bidons qui sont gardés dans des maisons privées et peuvent provoquer souvent des incendies. Le premier mars on a eu un accident à Médenine et il y a deux semaines à Gabès il y a eu un accident avec 3 morts. Cela représente un risque pour les personnes qui vivent dans ces bâtiments où les bidons de carburant sont cachés.

Colonel Ben Bihi, une question sur un autre aspect important de Protection Civile, on voudrait savoir quel est le rôle de bénévoles dans le système régional tunisien [N.d.R. En Tunisie le développement des associations des bénévoles a commencé récemment, parce que avant la révolution de 2011 la société civile avait l’ interdiction de se rassembler dans des associations.]?

MABB : Oui, c’est très important d’avoir une équipe de bénévoles. On a déjà une équipe qui a été formée avec le BNS [N.d.R. Brevet National de Secourisme], l’attestation pour la sécurité et le sauvetage et dernièrement on a fini de former une équipe de 16 bénévoles qui vont décrocher le BNS la semaine prochaine.  Je pense que dans les prochains mois on va former des autres bénévoles qui nous aiderons dans différentes situations: par exemple pour assurer la protection de la population lorsqu’on a un grand événement, comme un match important au stade ou des grandes manifestations sportives ou culturelles.

Combien de bénévoles avez-vous à Gabès ?

MABB : Une vingtaine rassemblée dans une seule association qui travaille avec la protection civile.

MT: Les bénévoles sont organisés dans une organisation et la protection civile s’en charge de leur assurance, de la formation et de leur équipement. Le cours a ouvert de nouvelles opportunités de formation pour vos bénévoles et votre personnel.

A votre avis quel est la valeur ajoutée du cours IPCAM en Gestion d’équipe?

MABB : C’est une expérience qui rend nos agents et les bénévoles plus performants, notamment pour bien gérer la gestion de crise en général, comprendre qui fait quoi et augmenter leur niveau de connaissance. Ce cours de formation nous aide à obtenir un résultat effectif dans l’intervention parce que s’occupe de l’identification des rôles et des taches dans une équipe.

Quels aspects du cours de formation peuvent être plus importants et pertinents qu’autres pour votre situation en Tunisie et qui peuvent vous aider dans l’amélioration de votre gestion interne?

MT: Dans ce cours ce qu’ est bien est qu’on fait apprendre aux participants les mesures internationales, les standards, le système SPHERE [N.d.R Le Projet Sphère est une initiative rassemblant un vaste panorama d`agences humanitaires afin d’améliorer la qualité de l’aide humanitaire], la construction et la gestion d’un camp en collaboration et en coordination avec  des acteurs internationaux. C’est-à-dire la répartition des tâches dans un contexte où il y a plusieurs acteurs et la capacité de quantifier, rationaliser et optimiser les ressources à disposition et connaitre la vraie disponibilité dans un contexte d’urgence.

Dans les prochains mois vous pensez que Gabès pourra être un siège privilégié pour travailler encore avec les partenaires allemands et italiens ?

MT : Oui, ça c’est le début, la collaboration est juste déclenchée! On a toute la volonté de faire des actions ensemble. On espère bien continuer le travail et la collaboration avec les partenaires allemands et italiens.

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